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Achat de musique en ligne sans compression numérique

La vente de musique aujourd'hui repose sur deux modèles : les supports physiques et le téléchargement de fichiers. Chacun d'entre eux comporte avantages et inconvénients. Pourquoi ne serait-il pas possible de réunir la plupart des avantages des deux systèmes?

 

Côté supports physiques, le CD audio reste le format de prédilection. Offrant une qualité audio correcte, il a pour avantage principal d'être le format standard et donc d'être lisible chez tout un chacun, du plus humble amateur occasionnel jusqu'au mélomane le plus fervent. Ses inconvénients majeurs sont un espace de stockage limité,  l'impossibilité de stocker des morceaux en multicanal, de même qu'une bande passante limitée à 20 kHz.

 

Si le DVD-A et le SACD ont apporté quelques espoirs d'une amélioration de la qualité sonore et de la capacité de stockage sur support il y a quelques années, chacun de ces deux formats a fait long feu et aucun n'a vraiment réussi à s'imposer.

 

Le DVD Blu-Ray a un potentiel certain pour la musique, que ce soit en termes de nombre de canaux ou de qualité de l'encodage, mais si les formats d'encodage pour l'audio possibles ont déjà été définis, pour l'instant il n'y a ni lecteurs orientés audio ni surtout de catalogue.

 

Poussée dans le dos par le piratage et par certaines entreprises moins frileuses que d'autres en ce domaine (Apple par exemple), la vente de musique en ligne est elle aussi devenue un modèle fonctionnel (et par ailleurs très rentable). Outre la facilité et rapidité d'achat, la vente en ligne offre généralement l'achat morceau par morceau, ce qui peut gêner certains musiciens adaptes de l'album en tant qu'unité formelle, mais en même temps en satisfaire d'autres (car inversement, on peut imaginer des durées beaucoup plus longues que ce qu'offre le CD, sans compter les possibilités du multicanal).

 

Cependant, puisque la circulation de la musique en ligne a été initiée sur le mode du piratage, le choix du format n'a pour une fois pas vraiment été effectuée par l'industrie mais par les utilisateurs. Et, qu'on l'aime ou pas, c'est le format MP3 (ou MPEG-II layer 3) qui s'est imposé. Comme on le sait, ce format inclut une compression numérique destructive, qui a pour avantage de réduire la taille des fichiers musicaux mais qui dégrade la qualité sonore, de manière plus ou moins perceptible selon le taux de compression. Justement, le taux de compression choisi pour la vente en ligne (128 kb/s) est tel qu'il introduit une dégradation inaceptable pour les compositeurs soucieux de qualité sonore et qui voient partir à l'encodage ce qu'ils ont mis tant de peine à créer pendant la phase de composition.

 

D'autre part, la frilosité de l'industrie musicale étant ce qu'elle est, les majors ont imposé dans un premier temps des limites draconiennes aux possibilités de lire chaque morceau de musique acheté : limitation par le type de lecteur, par la durée de validité du morceau, le nombre d'écoutes, etc. L'imagination a été dans ce domaine aussi importante que l'audace d'aller vers un nouveau modèle a été faible. Une fois encore poussée par le piratage, l'industrie du disque a commencé à lâcher du lest et à timidement et récemment accepté la vente de morceaux sans protection (on dit sans DRM, de l'anglais Digital Rights Management - gestion numérique des droits). Dans le même temps, les formats d'encodage trop protégés ou trop spécifiques ont vus leurs espoirs réduits à néant (tel l'ATRAC de Sony).

 

Cependant, il reste que la qualité sonore des morceaux vendus en ligne n'a pas évolué, le MP3 à 128 kb/s reste la norme. Donc, pour celui qui veut écouter de la musique, il reste jusqu'à présent toujours à faire ce choix entre d'une part une qualité sonore correcte avec achat sur un support physique un tantinet vieillot et d'autre part une facilité d'achat et une qualité sonore réduite.

 

La question est donc : pourquoi ne pourrions-nous pas avoir les avantages des deux modèles? C'est-à-dire la facilité de vente et d'achat de l'Internet avec la qualité du CD audio ou de ses successeurs. Eh bien, il semble que certains se soient posés la question et y aient trouvé une réponse. Il est en effet maintenant possible d'acheter de la musique en ligne, soit sans compression numérique, soit avec une compression non destructive (c'est-à-dire que la musique prend moins de place dans les tuyaux de distribution puis retrouve sa forme originale une fois arrivée chez l'utilisateur), soit encore avec une compression peu destructive.

 

Parmi les sites qui se sont lancés dans ce type de  distribution, en voici quelques-uns :

  • Music Giants : emploie un format qualifié de "haute définition", sans plus de précision. Ne fonctionne pour l'instant que sous Windows et Internet Explorer. Propose tant de la musique que des vidéos.
  • iTrax : propose la plupart des morceaux selon plusieurs formats, compressés (MP3, Dolby Digital, Dts, WMA Pro) ou non (WMA Lossless, PCM 24/96). En outre, les morceaux sont généralement disponibles au choix en stéréo ou en multicanal 5.1.
  • HDtracks : emploie les formats non destructifs AIFF (16 bits/44,1 kHz) et FLAC (16 bits/44,1 kHz) de même que le format MP3 à 320 kb/s. La firme annonce la commercialisation prochaine de morceaux FLAC en 24 bits/96 kHz.
  • Linn Records : cet éditeur, qui est spécialisé en jazz, musique classique et celtique, propose sa musique sur support (SACD, DVD-A, vinyle) mais aussi en téléchargement. Les musiques sont disponibles selon plusieurs formats. CD quality est du 16 bits/44,1 kHz vendu au choix via des fichiers FLAC ou WMA Pro (formas non destructifs donc). Avec le Studio Master, on reste dans le non destructif, mais avec une fréquence d'échantillonnage qui peut être plus élevée (jusqu'à 96 kHz pour certains enregistrements) et une résolution non précisée mais probablement de 24 bits. La vente au format MP3 est également proposée, mais avec une compression réduite à 320 kb/s.
  • 2L : également éditeur, d'artistes scandinaves principalement. Propose à la vente des enregistrements au format SACD, mais aussi une partie de son catalogue sous forme de fichiers encodés en FLAC, avec des taux d'échantillonnage montant jusqu'à 192 kHz! À 96 kHz, on a le choix entre stéréo et multicanal 5.1.